Bilan de la migration printanière 2010

La migration des colibris est maintenant en bonne partie terminée et, d'après les comptes-rendus de nos centaines de Sentinelles, réparties sur l'ensemble du territoire québécois, ils sont arrivés dans leur cour avec, dans la majorité des cas, une à deux semaines de retard. Leurs commentaires nous laissent aussi croire qu'ils sont beaucoup moins nombreux que les années antérieures à être de retour. Les observateurs américains qui suivent aussi la migration ont fait à peu près les mêmes constats.

« Depuis le début des années 2000, j'ai installé des abreuvoirs et aménagé ma cour pour en faire une halte migratoire pour colibris et ce fut un succès, car fréquentée par un grand nombre. En 2006, en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Sherbrooke, nous avons décidé d'en faire une station de baguage, ce qui a permis d'échantillonner chaque année depuis, les colibris qui s'y sont arrêtés pour se ravitailler durant les migrations printanières et automnales et ainsi, avoir une bonne idée de leur abondance à ces moments et de pouvoir extrapoler pour une bonne partie du Québec. »

Donc, comme les autres passionnés, j'ai remarqué une baisse drastique de la fréquentation et mes données de capture le démontrent: en 2009, pour la période qui vient de se terminer, j'avais capturé 150 colibris et ce printemps, 35; soit 4,3 fois moins.

Pourquoi un si faible retour et si en retard?

Voici mon hypothèse

Vous vous rappelez les conditions météorologiques exécrables des mois de juin et juillet 2009; elles ont probablement été défavorables à la reproduction de nos colibris; comme preuve, durant la migration automnale, j'ai effectué 28 captures de juvéniles comparativement à 77 en en 2008.

Durant le dernier hiver, des pluies torrentielles sont tombées sur le centre du Mexique où les papillons Monarques et une partie de nos colibris hivernent. Probablement que cela a causé de la mortalité à ces deux groupes de migrateurs.

Durant leur migration vers le nord, qui s'amorce dès la fin février dans le sud des États-Unis, les conditions météorologiques furent très difficiles; chutes de neige d'une abondance exceptionnelle et grand froid. Encore là, plusieurs de nos petits bijoux ont dû en payer le prix.

Plusieurs ont cru que leurs colibris étaient en retard; ils n’étaient pas en retard, les premiers qui devaient se pointer dans leur cour étaient décédés.

Espérons que l'été qui vient sera favorable et que la reproduction permettra de remplacer une partie des disparus.