Une seule espèce de colibri séjourne au Québec

Le Colibri à gorge rubis - Archilochus colubris - Ruby-throated hummingbird

Mâle adulte dont la gorge passe du rubis au noir selon l'éclairage
Femelle ou jeune
Il est impossible de différencier à l'oeil nu, la femelle adulte de la jeune femelle ou du jeune mâle, sauf si celui-ci a une ou des plumes rouges.
Les picots sur la gorge n'est pas un critère d'identification; parfois, les femelles en ont.
Dans ces cas, le seul moyen de déterminer le sexe, c'est la différence de forme au niveau de la 6e primaire, plume de l'aile.
Mâle
Femelle
Le seul moyen de dire si c'est une adulte ou un ou une jeune, c'est par des gravures sur le bec des jeunes qui seront usées chez l'adulte.
Bec avec gravures du jeune individu
Bec lisse de l'adulte
Les colibris peuvent être confondus avec les sphinx. Pour en savoir plus sur ces insectes :

Sphinx diurnes

En savoir un peu plus
  • Il faut installer ses abreuvoirs aussi tôt que la mi-avril

Le Colibri à gorge rubis est un oiseau migrateur solitaire et très territorial, qui passe l’hiver au Mexique et en Amérique centrale et qui revient au Québec chaque mois de mai pour se reproduire. Cet oiseau à la mémoire phénoménale, qui se nourrit du nectar des fleurs et d’insectes, ne se déplace pas au hasard, mais en fonction des sources de nourriture rencontrées le long de son corridor migratoire et dont chacune est mémorisée. À les observer au fil des ans, je suis même porté à croire que la localisation de tous ces points de ravitaillement est transmise génétiquement à leur progéniture.

Avec l’arrivée des abreuvoirs à la fin des années 70’, leur façon de se comporter a changé; ils sont devenus plus nombreux à fréquenter nos cours et probablement que nous avons favorisé l’augmentation globale de leur nombre. Autrefois, ils se pointaient dans nos régions vers les 15-20 mai; aujourd’hui, ils semblent plus nombreux à revenir au début mai. Sous nos latitudes, certains individus, voulant s’assurer d’avoir les meilleurs territoires découverts l’année précédente ou avant, arrivent même aussi tôt que le 20 avril et les sources de nourriture autres que l’eau sucrée de nos abreuvoirs sont assez limitées à cette période. Ils peuvent même s'aventurer ici avec de la neige au sol comme j'ai déjà vécu l'expérience dans la région de Quévec un début mai et ça peut être dramatique comme pour d'autres espèces insectivores.

C’est très important, n'attendez pas l'arrivée de votre premier pour installer votre abreuvoir, surtout si vous demeurez dans des régions où il y a moins de passionnés. Imaginez un peu qu'un de vos petits protégés se pointe chez vous très tôt, parce que vous lui avez laissé croire qu’il pourrait toujours y avoir de la nourriture disponible et qu’il n’y trouve rien. Ce sera la mort assurée si vous n'êtes pas là, si c’est en fin de journée, par temps froid et qu’il n’a pas le temps de se trouver un substitut. Pourquoi courir ce risque?

  • Il faut laisser ses abreuvoirs aussi tard que la mi ou la fin octobre

Il se peut qu'un très petit nombre de colibris aient leur horloge biologique et leur instinct migratoire un peu détraqué. Encore une fois, le fait de les nourrir, ne les empêchera pas de partir mais peut-être de mourir.

  • Que faire pour les attirer et en avoir plusieurs dans sa cour?

La clef du succès pour les attirer dans sa cour, est de les impressionner à leur premier passage chez vous et ensuite, au fur et à mesure, d’augmenter l’offre à différents endroits pour contrer leur territorialité. Il faut comprendre leur mode de vie et être patient et tenace, car cela ne se construit pas en une saison.

Une cour où l'on peut capturer 240 colibris en un été, et que ce soit seulement une partie de ceux qui la fréquentent, ce n’est pas le fruit du hasard. Au début, à l'an 2000, sur un terrain boisé, nous avons installé 2 abreuvoirs pour attirer nos premiers. Ensuite, au fur et à mesure de l’augmentation de leur nombre, parce qu’ils sont territoriaux et qu’ils acceptent difficilement de partager leur trésor, le nombre d’abreuvoirs était augmenté proportionnellement jusqu’à atteindre plus d’une trentaine, en fonction de la période de leur séjour qui se divise en 3; la migration printanièrela période de nidificationla migration automnale. Durant les migrations printanières et automnales, les colibris sont très nombreux mais durant la période de nidification, leur nombre diminue grandement et ils se font très discrets. Durant cette période, on peut diminuer le nombre d'abreuvoirs mais il faut éviter de les négliger car il y a risque de manquer la migration automnale.

À vous le plaisir maintenant!

Les abreuvoirs
Plusieurs modèles d'abreuvoir se retrouvent sur le marché. Les deux ci-bas sont nos préférés; ils sont robustes, ils sont en verre ce qui leurs assurent de la durabilité et un nettoyage facile, des perchoirs pour permettre aux oiseaux de s'y arrêter et contrairement aux bas de gamme, la couleur rouge ne se décolore pas.

(N'utilisez pas de colorant comme le montre ces démos.)

Modèle utilisé à Stoke
Modèle utilisé à Richmond
On peut enlever les protecteurs anti-guêpes pour permettre à d'autres de les utiliser.
Recette de nectar simple à faire
Des études sérieuses ont démontré que la recette idéale, qui ressemble le plus au nectar des fleurs, c'est :

1 partie de sucre pour 4 parties d'eau de bonne de qualité.

Au printemps (jusqu'au 15-20 mai) et en septembre, on peut utiliser un mélange un peu plus concentré soit :

1 partie de sucre pour 3 parties d'eau.

Faire bouillir l'eau et y ajouter le sucre. On peut en faire une bonne quantité et la garder au réfrigérateur.

SVP, ne pas utiliser de mélanges commerciaux, de colorants et autres additifs comme le miel, le sirop d'érable ou autres.

Ne prenons pas de risques superflus.

S'ils ne viennent pas à votre abreuvoir, il se peut qu'ils ne l'aient pas encore trouvé ou que l'eau est de mauvaise qualité pour eux. L'eau traitée des municipalités, à cause des produits chimiques ajoutés, est souvent un répulsif.