Un projet de recherche sur le Colibri à gorge rubis, mené par Yanick Charette, sous la supervision du Dr Marc Bélisle, chercheur et professeur de l'Université de Sherbrooke, est présentement en cours au Québec.

But

Tenter de comprendre comment les animaux sélectionnent leurs habitats de nidification et d’alimentation, ainsi que de comprendre comment les animaux utilisent le territoire, sont des questions essentielles à répondre pour être en mesure de bien saisir les impacts, autant positifs que négatifs, des activités anthropiques sur la survie des populations de ces oiseaux.  Il existe présentement très peu d’études sur la sélection de l’habitat et l’utilisation du territoire par le colibri au Québec et ailleurs. À ce sujet, le laboratoire de recherche du Dr Marc Bélisle, de l’Université de Sherbrooke, démarre une étude sur cette fascinante espèce d’oiseau. Nous avons réalisé une pré-saison d’étude durant l’été 2005 et avons continué le projet durant tout l’été 2006.

Méthode

L’étude consiste à mesurer la fréquentation des abreuvoirs d’eau sucrée par les colibris, en fonction de leur emplacement dans l’espace (champs, friches, forêts matures, etc.).  Pour ce faire, nous avons installé en Estrie, 20 abreuvoirs en 2005 et nous en avons installé 45 en 2006, dans un gradient de fragmentation de l’habitat (du champ vers la forêt). Les abreuvoirs sont répartis à tous les 100 mètres, sous forme d’une grille, qui couvre environ 50 hectares de terrain. Les abreuvoirs sont visités et remplies une fois par semaine. Nous notons la masse de l’abreuvoir le jour 1, puis nous reprenons cette mesure la semaine suivante. Ainsi, l’utilisation des abreuvoirs par les colibris est mesurée par le différentiel de la masse de l’abreuvoir d’une semaine à l’autre. De plus, un focal de 10 minutes est effectué à chaque abreuvoir deux fois par semaine. Ceci nous permet de savoir combien de colibris de chaque sexe fréquentent l’abreuvoir et d’estimer le nombre d’individus qui fréquente notre grille. Cette année, nous avons capturé près de 90 individus pour les marquer, les baguer et leur installer une micro puce. Cette dernière nous permettra, à l’aide d’un lecteur installé à chaque abreuvoir, de savoir qui fréquente quel(s) abreuvoir(s), à quelle heure et combien de fois par jour. Nous avons également caractérisé la végétation et fait 4 inventaires floristiques au sein de la grille. Ceci nous permet d’essayer d’évaluer les préférences d’habitats et d’évaluer le potentiel d’utilisation des fleurs sauvages par nos colibris.

Résultats escomptés

Suite à cette étude, nous espérons être en mesure de mieux comprendre comment les colibris utilisent le territoire et comment ils sélectionnent leur habitat, en fonction du paysage, des ressources alimentaires disponibles et en fonction du sexe et de l’âge des individus.

En parallèle à ce projet, se greffent d’autres volets dont celui d’essayer de suivre les déplacements de nos colibris à travers la province. Cela nous permettra de repérer les corridors migratoires, de comprendre les patrons et la phénologie de migration des colibris et de confirmer les dates d’arrivée et de départ dans les différentes régions du Québec, etc.

Pour ce faire, des colibris seront capturés, bagués et marqués d’une couleur sur la poitrine (bleu, vert, rouge, jaune, orange et violet) à quelques endroits en Estrie. Ce projet ne pourrait fonctionner sans la participation de vous chers passionnés des colibris. En effet, nous espérons la participation du plus grand nombre possible d’observateurs pour nous rapporter des observations de colibris marqués et vos dates d'arrivée.

Que s’est-il passé avec nos colibris en 2006 ?

Que s’est-il passé avec nos colibris en 2007 ?

Si vous apercevez un colibri avec une marque de couleur à la poitrine, il serait très utile de nous en faire part en nous indiquant la date et l'endroit le plus précisément possible de l'observation ainsi que la couleur de la tache sur la poitrine. Pour ce faire, utilisez un de nos formulaires qui se trouvent à l'onglet Votre participation
Colibris marqués et rapportés ultérieurement